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Hemen zaude:   Sur le chemin que nous sommes

Albisteak

« Itzuli albisteetara    

2009-11-15 / 20:05

Sur le chemin que nous sommes

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« Nous, les indigènes, nous nous arrêtons au discours alors que vous, vous mettez vos idées en pratique. Nous avons là une injection de motivation qui nous fait sentir que nous devons mettre nos idées en pratique ». Cette phrase prononcée par trois mayas, trois quéchuas, deux aymaras, deux mapuches et un shuar au terme d'une conversation de quatre heures, c'est tout de même mieux que rien. Souvent, nous nous sommes autocritiqués pour faire trop de choses sans penser ni analyser suffisamment. Cela est peut être vrai, mais ces sensations que nous créons chez celui qui vient d'ailleurs pour nous connaître devraient nous amener à réfléchir.

Exposer ce que nous faisons pour revitaliser une communauté linguistique en situation de minorité à des personnes qui se trouvent physiquement loin et culturellement encore plus, peut s'avérer un exercice intéressant. Il n'est pas facile de se situer, de trouver le contexte, de comprendre la situation de chacun, de concrétiser ce qu'on peut donner et recevoir, de comprendre les différentes visions sur le même thème…

Cette fois encore, naturellement, cette expérience nous vient de ce « creuset » du Debagoiena qui tant de fois nous a alimentés (une expérience née elle aussi d'une idée, qui s'est convertie en un projet et maintenant en une pratique…). En cela au moins, autrement dit pour ce qui est de s'arrêter au discours, le mouvement pour encourager l'euskera dans le Debagoiena ne ressemble en rien aux indigènes. Ce mouvement, baptisé Garabide, consiste en la coopération à travers l'échange du développement identitaire d'Pays Basque avec tous les peuples qui le souhaitent.

Bien que certains vivent sans un alphabet défini, que d'autres sont incapables d'élaborer un standard et que d'autres se retrouvent quasiment paralysés par la haine de leur propre langue, cette même soif de vivre et de trouver des sentiers comme ceux qu'offre Garabide les aidera à trouver le chemin.

J'ai pourtant des doutes sur qui profite le plus de l'échange ; si la partie qui, en principe, est sensée recevoir plus ou celle qui, en principe aussi, a le plus à offrir.

Ce doute a surgi lorsque j'ai eu connaissance du dernier projet (et quel projet !) mis en œuvre. L'idée est de rassembler et de systématiser chronologiquement dans douze DVD et livres le travail réalisé par le mouvement culturel et de récupération linguistique qui s'est opéré dans le Pays Basque durant les 40-50 dernières années, en dévoilant certaines des clés universelles pour la récupération des langues minoritaires. Le tout, selon eux, « afin qu'elles puissent servir aux communautés linguistiques de n'importe quelle partie du monde ».

Moi, je suis sûr qu'elles serviront effectivement aux aymaras, quechuas et beaucoup d'autres communautés linguistiques. Et à nous non ?


Iñaki Arruti
Technicien d'euskera dans la Mairie de Lasarte-Oria