Albisteak
La dernière enquête sociolinguistique de Navarre11

Le Gouvernement de Navarre a présenté au début de l'été 2009 sa dernière enquête sociolinguistique, La situación del euskera en Navarra. 2008 (La situation de la langue basque en Navarre 2008). Si nous essayons de comparer cette enquête à celle réalisée par ce même Gouvernement cinq ans auparavant, Estudio sociolingüístico sobre el vascuence en Navarra. 2003 (Étude sociologique sur la langue basque en Navarre. 2003), nous observons de suite la difficulté d'établir une comparaison systématique entre les deux études en raison du peu d'items coïncidents.
Par ailleurs, l'enquête de 2008 ne contient aucune référence à la précédente, comme si la situation sociolinguistique de la Navarre n'avait jamais été étudiée jusqu'à l'an dernier. Elle ne mentionne rien sur l'évolution, les tendances, les symptômes de récupération - s'ils existent - ou les signes d'une éventuelle stagnation.
Il y a toutefois quelques données comparables, comme par exemple, de 2003 à 2008, le pourcentage de la population navarraise de plus de 15 ans parlant bien le basque est passé de 10,5 à 11,9 %. Actuellement, parmi les jeunes de 15 à 24 ans, presque 20 % parlent le basque; ainsi, plus la population navarraise est jeune et plus elle est bascophone, un phénomène qui se doit en grande partie à l'enseignement.
Parmi les nouveautés de l'enquête, la population a été interrogée sur son opinion à propos de l'extension de l'offre de scolarisation en basque à toute la Navarre. Jamais auparavant les citoyens de Navarre n'avaient été interrogés sur l'extension à la totalité de la Communauté Autonome de la possibilité pour les enfants d'étudier en basque, et la réponse a été claire : la majorité de la population navarraise est favorable. La posture est majoritaire dans les trois zones linguistiques, avec des différences toutefois : 80 % sont pour dans la zone bascophone, 67,5 % dans la zone mixte et 60 % dans la zone non bascophone.
L'enquête présente également une autre nouveauté qui consiste à interroger la population de 10 communes de la zone non bascophone sur la possibilité d'inclusion de leur localité dans la zone mixte. Dans 9 communes consultées sur 10, la population est favorable au passage en zone mixte : Aranguren, Galar, Noáin (Vallée d'Elorz), Mañeru, Cirauqui, Villatuerta, Artazu, Belascoáin et Guirguillano. Seule la commune de Beriáin n'a pas appuyé majoritairement cette possibilité.
Ainsi, même si l'enquête sociolinguistique ne revêt pas une grande valeur comparative, elle apporte au moins de nouveaux éléments qui, si on veut y prêter attention, peuvent être pris en compte pour que la politique linguistique de la Navarre soit plus démocratique.
Paula Kasares
Professeur associée à l'Université de Navarre
