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Hemen zaude:   Des lacunes dans le paysage

Albisteak

« Itzuli albisteetara    

2008-10-02 / 14:47

Des lacunes dans le paysage

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Ces derniers temps, je suis de nouveau souvent confronté au concept de « paysage linguistique ». Je dis de nouveau car c'est une question qui n'est pas nouvelle. Si tous ceux qui travaillons depuis quelques années dans les municipalités en tant que techniciens de la langue basque, nous époussetions certains dossiers anciens, il est certain que nous retrouverions des projets de « Basquisation du paysage linguistique ». Et aujourd'hui encore, nous ne pouvons que constater la persistance de ces lacunes.

En effet, il me semble que, dernièrement encore, cette question a été soulevée, par exemple, par le département de politique linguistique du Gouvernement Basque dans l'analyse approfondie qu'il vient de faire sur ce sujet et par la Députation de Gipuzkoa qui a étudié expressément cette question lors d'un laboratoire organisé dans le cadre d'un programme de formation de techniciens.

Par ailleurs, ce concept de paysage linguistique apparaît aussi dans le décret sur les droits linguistiques des consommateurs et des usagers, ainsi que dans l'offre de subventions destinées à encourager les entreprises à remplir directives dudit décret. En outre, il semble que ce concept donne lieu aussi à des articles de presse controversés.

N'ayant aucune intention d'approfondir les exemples cités ci-dessus, je voudrais néanmoins souligner un point qui m'inquiète et que je n'ai retrouvé dans aucun d'eux : pour le dire simplement et brièvement : je me demande comment doivent être disposées les langues dans un panneau bilingue.

Chaque fois que nous devons dessiner ce paysage linguistique (qu'il s'agisse d'écrire un écriteau ou de parler dans les deux langues devant un groupe de gens), nous devons savoir laquelle des deux doit occuper la première place, et c'est là que nous décidons la fonction que l'on attribue à chacune d'elles (il convient avant tout de décider s'il est nécessaire ou non d'utiliser les deux langues, et ce, afin d'éviter, par exemple, des cas tels que faktura / factura)

Dans le cas des écriteaux, si nous écrivons d'abord en espagnol par exemple « Espere su turno por favor » (attendez votre tour s'il vous plaît) et ensuite « Itxaron zure txanda mesedez », c'est l'espagnol qui remplit la fonction communicative car les bilingues, tout comme les monolingues hispanophones, n'ont qu'à lire le message en espagnol pour le comprendre, le basque n'ayant, dans ce cas, qu'une fonction symbolique.

Tandis que si nous inversons l'ordre des langues, pour les bilingues la fonction principale du basque est communicative et l'espagnol joue aussi une fonction de communication pour les non bascophones qui ne sont pas prioritaires, sans pour autant être « discriminés », et à qui on demande « le plus grand effort ».

Cette question m'a toujours parue à la fois simple et d'une importance capitale : pourquoi envisager le paysage linguistique à partir d'une logique symbolique et non communicative ? Pourquoi parler ou écrire d'abord en espagnol et ensuite en euskara ?


Iñaki Arruti
Technicienne d'euskera dans la Mairie de Lasarte .